Nouvelles tournures

Nouvelles éthiques

Un idéal vers lequel tendre

On ne peut plus se laisser duper par les gouvernements. Je m’explique. Attendre de leur part une délivrance qui serait celle de la fin du confinement est un retour en enfance. Je m’explique. Cela reviendrait à laisser toute notre liberté en tutelle, tout a donc été donné et rendu à nos gouvernements. Nos mouvements, nos échanges et notre manière de penser. C’est penser qu’un gouvernement nous détient et sait mieux que nous ce qui est bon pour nous, c’est là la définition du paternalisme, paternalisme économique et politique dans lequel nous vivons. Personnellement c’est clairement et intentionnellement quelque chose que je réfute, car je sens sourdre en moi, peut-être de manière confuse que jamais rien ni personne ne serait à même de bloquer ma liberté, de l’entraver. Aucunes raisons valables et antérieures à ma décision ne serait à même d’influer sur ma vie, elle est mienne. Et je sens bien aussi de manière sourde et confuse que ce qui vaut pour moi vaut pour vous tous.

À partir de quand avez-vous cédés vos droits, vos libertés ? À partir de quand avez-vous accepté qu’il faille un papier pour sortir de chez vous ? Et surtout à partir de quand avez-vous cesser de vous questionner et de remettre toujours et perpétuellement en question ce que l’on vous disait ? À partir de quand avez-vous établi que ce qui venait d’en haut, des gouvernements était ce qui était juste ? Ce qui était bon ? Ce qui, surtout était bon pour vous ?

Mais bon voici que vient poindre le paradoxe, je viens ce matin d’adresser à l’État - ce vénérable ami! - une demande d’aide à hauteur de 1300 euros pour manger dans les temps à venir. Je crache dans la soupe me direz-vous et mords la main que l’on me tend. En somme, je ne suis pas raisonnable et mon discours ne peut pas tenir la route. - gens bienséants! -

Nous sommes au cœur de la problématique. Le système nous englobe et nous attire à lui comme un Léviathan envoûtant des griffes duquel il est impossible de s’échapper, vous faisant saigner il vous prodigue dans le même temps le remède unique dont lui seul possède la recette.

C’est justement ce que je veux voir plus tard - vivre sans monnaies, est-ce possible ? -, questionner l’argent, c’est questionner le système, c’est s’attaquer à quelque chose de bien trop ancré et de bien trop ancestral chez nous. Mais souvenons-nous de l’économiste Marcel Mauss et des tribus qui vivaient sans argent. Aussi vous me répondrez que vous avez décidés d’accepter ce qui est en train de se jouer, de jouer le jeu du confinement, d’accepter sans dire mots que des violences policières ainsi que des abus soit commis sans que personne n’y voit mal, aussi donc vous avez acceptés cela le jour où une pandémie mondiale vient nous frapper, soit dit en passant, ça n’est pas la première fois que l’humanité connaît un tel fléau et sûrement pas la dernière.

Je vous pose toutes ces questions par rapport à l’attitude à observer envers le système qui nous régit et par rapport à notre gouvernement car elles sont majeures. Le 18ème siècle, siècle des Lumières - n'avait-il de lumineux que le nom ? - avait pour héraut un penseur Allemand du nom de Kant. Et ce célèbre penseur a dit une chose marquante : « Ose penser par toi-même ! »

La pensée individuelle est le début de la liberté. La perte de pensée ou bien le fait que les autres pensent pour nous est bel et bien le début d’une servitude évidente. Et je pèse mes mots. Peut-être qu’en analysant la crise mondiale que nous sommes en train de vivre tant sur les plans économiques, sociaux et de santé, vous établirez en vous la réflexion suivante : oui, le confinement est une bonne chose, j’accepte de plein gré ce que le gouvernement me dit de faire, je reste chez moi car il en va de la santé de tout le monde, c’est surtout et avant tout un acte de solidarité que je fais en acceptant cela. Très bien, si tel est votre raisonnement et si après avoir passé au crible de votre raison les raisons qui nous ont menés à cette situation, vous jugez juste de rester chez vous en attendant la délivrance, le gong de fin donné par nos gouvernants. Très bien, vous aurez pensé par vous-même.

Mais si au contraire ayant analysé la situation et vous étant dit au plus fort de vous-mêmes que malgré la dangerosité de la situation, elle n’excède par les dangerosités antérieures au coronavirus, il serait trop long et vain de faire la liste de ce dont par quoi l’on peut mourir, car ici dans cette crise sanitaire, il s’agit de mort par maladie. Si vous vous dites qu’en faisant attention et en régulant vous-mêmes vos gestes, vous êtes aptes à sortir de chez vous et à vivre votre vie, non pas comme avant mais d’une manière différente. Je sens bien qu’en disant cela, je m’oppose à ce qui est en train de se jouer, c’est à dire à plus de trois milliards d’êtres humains confinés. Je sens bien que cette pensée n’a que peu de crédit sur l’autel public. Mais observez bien le monde dans lequel on vit, criblés d’inégalités criantes, observez bien les actes de nos gouvernants qui voulant notre bien, semblerait-il, créent au sein de notre pays et dans d’autres pays des situations de conflits et de chaos.

Il serait inutile de revenir sur la crise des gilets jaunes ou bien sur les multiples crises sociales que la société a connues depuis la nuit des temps. Il faudrait donner une raison valable au fait qu’il y ait des riches et des pauvres, que les puissants pour s’établir asservissent les autres. Vous trouvez que mon vocabulaire est moyenâgeux et daté de l’ancien temps ? Que pensez-vous d’un homme ou d’une femme, sans ressources ni bien familiaux étant obligé de travailler du lundi au vendredi et ce toute l’année pour pouvoir ne serait-ce que se payer un toit au-dessus de la tête et la nourriture qui va avec ? Savez-vous les différences de vie entre les différents classes sociales ? Les riches ont tout le temps devant eux, c’est la leur richesse et leur force.

Les uns asservissent pour pouvoir jouir du temps, être libre, s’adonner à des activités plaisantes car oui la liberté est inhérente aux humaines, tant aux riches qu’aux pauvres.

Oui la liberté devrait se situer hors des normes économiques. Oui il faudrait tout repenser depuis la nuit des temps, depuis l’établissement de nos sociétés, depuis l’époque Grecque, depuis l’époque Égyptienne ou l’esclavage de l’homme sur l’homme avait déjà cours. Oui l’esclavage n’a été aboli que dans nos lois mais pas dans nos effets. Oui, une partie de l’humanité est encore esclave d’une autre. Oui l’humain est encore en butte à des conflits fou qui l’agitent depuis la nuit des temps. Quelle serait la solution ? Suis-je assez clairvoyant et assez intelligent pour oser l’avancer ? Je ne pense pas et d’autres avant moi se sont échinés à trouver une solution à ce qui aujourd’hui est en train de nous exploser en pleine face.

À continuer à ce rythme, l’Humain disparaîtra tout simplement de la surface du globe, globe qui s’en sortira très bien sans nous, soit dit en passant. Devrait-il s’agir de troc pour établir à nouveau une équité ou une liberté accessible à tous ? Vous pouvez rire de ce mot : troc ou bien échanges. Mais votre monde économique capitaliste ne crée que des désirs inassouvis, des jalousies et des haines, des insatisfactions car seule une minorité peut jouir de ce que l’argent est à même d’offrir. Alors pour en revenir à ce que je disais au début de ce texte, questionner les gouvernements, c’est questionner les gens et leurs actes, les choix des politiques qui ont fait que nous vivons dans un monde tel que nous le connaissons car un autre monde est possible. Et je ne dois pas être taxé d’utopiste en disant cela. La réalité dans laquelle nous vivons n’est que la victoire capitaliste, une utopie entre toutes les autres.

Questionner nos dirigeants, c’est questionner leurs choix, et à l’heure actuelle leurs choix nous entravent, nous ne sommes plus à même de prendre l’avion ni de nous déplacer de manière fluide sur le globe, dans nos villes, dans nos rues. Qu’est ce qui n’a pas fonctionné ? Nous voyons une baisse tangible de la pollution due à des mouvements de population atténués, n’est-ce pas là un côté positif du confinement ? Faut-il en passer par là pour arriver à du positif ?

Toutes métamorphoses doit passer par des moments douloureux. Bien sûr que marcher dans Paris avec un air plus pur est quelque chose d’agréable et même plus qu’agréable quelque chose de nécessaire, car la pollution tue plus que le Corona. Notre mode de vie nous devient contraire. Bien sûr je devrai faire le deuil de la vitesse et de l’ivresse qu’elle procure, bien sûr je devrai abandonner mes deux roues qui m’accompagnent depuis plus de 15 ans maintenant. Pour goûter à une autre vitesse, une vitesse électrique et non polluante quoique les batteries des véhicules électriques polluent.

Qui possède la solution pour un monde sain et rapide en adéquation avec les besoins humains, besoins de vitesse que nous nous sommes inventés. L’actuelle période ralentie nous montre que nous pouvons très bien vivre sans vitesse. Au rythme des jours et des nuits. Baudelaire : « Le progrès est un fanal obscur. » Bien sûr que nous devrons à nouveau nous réinventer et mettre à bas nos anciennes idoles qui peuvent entre autres être le pétrole et tout ce qu’il permet.

Bien sur nous devrons porter des habits de deuil pour voir naître un monde nouveau dans lequel il sera possible de vivre tous ensemble, nous sommes sept milliards et la population mondiale ne va faire que croître. Pour l’instant la terre est notre seule solution. Alors à moins de vouloir notre fin, il faut que nous changions. Plus qu’il ne faut, c’est là un impératif si nous ne voulons pas nous éteindre. Il nous faudra tout repenser de notre manière de nous nourrir à notre manière de nous déplacer, de notre manière de penser l’économie à notre manière de penser notre rapport à la nature. Le monde dans lequel l’humanité s’apprête à mettre les pieds ne pourra être conçu qu’avec nos deuils, et qu’avec notre intelligence dont nous nous targuons au plus haut point, anthropocènes acharnés que nous sommes, si nous sommes bel et bien ce roseau pensant, orgueilleux et supérieur entre tous, nous devrions être à même de préparer notre propre survie ? Notre bêtise crasse serait-elle la cause même de notre perte ? Saurions-nous aveuglés à ce point par notre orgueil que nous ne saurions voir où se trouve notre salut ?

C’est toutes ces questions qui roulent dans ma tête en ce moment. Et je pense que tout se jouera à un niveau global, politique, international, économique, individuel. Les bonnes visions doivent écraser l’ancien modèle pour qu’il y ait une véritable transformation. L’égoïsme doit laisser place à la solidarité.

Paris, mars 2020