Les Révoltés

L'histoire met en scène de jeunes gens révoltés. Révoltés contre eux-mêmes, contre la vie. Ils se détestent par-dessus tout, s'aiment à des degrés exagérés. Ils aiment le monde comme personne, le honnissent furieusement. La banalité les répugne, ils fuient la foule, s'immergent dans l'individualisme et vivent de fortes, très fortes passions entre eux. Avant tout, ils ont une conscience extra lucide de leurs états.


NAUSICAA 
 



Peut-être ne s'était-elle jamais aimée, profondément. Elle réfutait l'existence, sans compromis, jusqu'au plus intime de son sang. Son prénom l'avait destinée à n'être pas commune, Nausicaa, chacun de ses pas était une décharge silencieuse et furtive, un vol craintif et furieux à la propagation étonnamment fluide. Quiconque l'eût rencontrée aurait cédé à ses attraits serpentins ; en sa présence, on éprouvait l'air de l'énigme que venaient corrompre les répulsions les plus malsaines, les tâches les plus infâmes. L'attrait irrésistible gagnait sur les hontes et mélangeait malicieusement les consciences alentour, quel malin plaisir prenait-elle… Beaucoup en auraient fait de même, mais pour cela, il fallait accumuler et réunir en soi de trop nombreux dons. Son œil tantôt calme tantôt animé d'une haine viscérale illuminait alternativement son esprit et son entourage. La vile révolte battait insidieusement en retraite le corps de la jeune femme, tapie dans des tempes froides et calculatrices ; des rancœurs mauvaises traversaient le complexe réseau sanguin de Nausicaa, des projections noires voyageaient le long de sa peau. Sa révolte n'était pas mature et n'avait pas encore éclaté au grand jour, sa révolte sourde était une sentinelle disciplinée et sage que de hautes instances maintenaient ferme. 
 
 


L'appartement de ses grands-parents est à elle depuis la mort de son père. Le lieu est modeste et chaleureux, malgré un vide trop évident. Le chat sent bien la disharmonie environnante, et pourtant, allongé sur le ventre de Nausicaa, ses ronronnements se font réguliers et sains. Une main habile se fraye un chemin sur la colonne vertébrale du chat et souligne par pressions différées les points extra sensibles ; le chat a de brusques sursauts suivis d'extases émouvantes. Nausicaa, ancrée dans sa pensée, ralentit la cadence. En levant sa tête câline, le chat caresse le bout de sa poitrine et se heurte à une mollesse ferme. Calmement, Nausicaa le repousse et le laisse à sa solitude. Sa révolte s'accélère et demande un exutoire.

En sortant de chez elle, elle aperçoit un homme agitant frénétiquement une barre de fer, les mouvements sont précis et la barre, en frôlant son visage, joue avec de longues mèches de cheveux. 

- Mais c'est la petite Nausicaa qui va là, murmure-t-il. Il barre de sa masse l'étroit couloir et jette un regard visqueux à la jeune femme. Nausicaa avec sa main droite empoigne le visage de l'homme, une moue comique se dessine, elle se met à lui lécher lentement le nez, la bouche, les pommettes et vient contourner ses yeux avec sa langue. Délicatement, elle enfonce sa langue dans l'orbite blanc. L'homme se recule en éclatant de rire et laisse libre le passage. 
 
 



En terrasse de café, le double expresso devenu tiède est avalé d'une seule gorgée. Quel plaisir a la fumée en parcourant le palais, en s'insinuant dans l'œsophage par un aller simple aux poumons ! L'œil se contracte et le front de Nausicaa se détend. Le vacarme grandissant de la rue écrase la moindre réflexion susceptible d'éclore chez la jeune femme. À cet instant, sa révolte se complaît dans la crasse et la lie de cette ville ; la caféine qui fouette ses veines l'excite ; furtivement, elle jette un coup d'œil à l'angle de la rue et aperçoit un jeune homme. L'élan qu'elle sent violemment en elle vient se briser dans son crâne. 
 


LE JEUNE HOMME ET SON ANCIENNE RÉVOLTE

 


Ereinté et épuisé, de nombreux livres jonchent le sol et la table en bois massif du salon; en étendant ses jambes, son aisance prend de l'ampleur. Alternant entre ses sensations corporelles et ses livres, il effrite jusqu'au dernier recours cette dynamique énergétique. Une douce léthargie l'étreint et rien ne le retient à la réalité. Des images diffuses et claires, s'offrent tour à tour à son écran mental, un drone majestueux arpente une ville moderne en léchant les hautes tours, ses manipulations forcent l'admiration des nombreux piétons, les tours de passe-passe du drone se font de plus en plus féroces et violents, laissant craindre une catastrophe et, naturellement, le drone vient s'échouer dans une rivière, d'opulents saules pleureurs recouvrent sa carcasse, devenue désormais chétive. 
 
 


Il ouvre l'œil et a le plaisir d'avoir en face de lui une photographie apaisante ; cette dernière représente un ancien hangar soviétique laissé à l'abandon et dans lequel l'hiver a pu pénétrer du haut d'un toit largement fissuré. Cette photographie féérique invite le jeune homme à un deuxième songe, alors il s'imagine des dizaines de drones multicolores virevoltant dans l'espace blanchi du hangar, ce jeu excite son imaginaire et son onirisme se débride. Le canapé est si confortable que le jeune homme a honte de cette indolence affirmée ; des voix l'avertissent du mauvais raisonnement de sa logique, sur la liberté de qui le jeune homme empiète-t-il ? Qui se trouve lésé par cette pose ? Et, énergiquement, d'un bond assuré, il est sur ses jambes fermes. Il se réveille à son environnement et jouit de l'éclatante lumière du salon ; la porte craque sur d'anciens gonds et son père apparaît, en l'embrassant, le jeune homme se demande où se situe le point de limite d'une révolte, où se trouve la charnière précieuse qui permet de comprendre et d'influer sur la révolte. 
 
 



La commotion électrique ne se fait pas prévenante, elle attaque l'ensemble du corps et jouit dans les artères majeures. Son ombre est détachée et le malmène ; à l'instar d'une marionnette dégingandée, dansante virtuose au-dessus de rigoles humides. Cette révolte est un fruit qui lentement a grossi dans son corps, s'est étalé dans ses membres. La révolte du jeune homme était mentale et physique, élastique et éminemment intelligente. Le point de départ de l'attitude était le simple renversement de toutes les valeurs morales existantes et agissantes au sein de sa psyché, une absolue inversion tyrannique des codes et règles, des fonctionnements et manières de penser, une fumée de négation proportionnelle à l'exaltation qu'il avait connue jusqu'alors ; çà et là de fins et limpides filets de lumière filtraient et le rendaient par moments aveugle. Cette ardeur morbide à l'opposition constante s'était lassée, ce chemin tortueux et damné s'était peu à peu étiolé. La voie avait lentement changé de direction à l'opposé. Le retour à l'ancienne lumière. Ce changement physique et cérébral hautement palpable tombait à point nommé ; si le jeune homme s’était entêté dans une noirceur malsaine, il eût été en face de positions dangereuses, le risque avait été poussé jusqu'à l'ultime limite, la même limite qu'il importe de ne pas franchir, faute de quoi le noir, à cette zone, devient un roi sans sujets, un souverain absolu d'un royaume de ténèbres que nulle luciole ne parcourt. Ainsi, grâce à cette périlleuse gymnastique, il en était venu à mieux se connaître, à mieux se délimiter, c'était, en somme, un processus laborieux d'élargissement. C'est avec le recul qu'il se demande d'où lui est venue cette bizarre déviance de l'âme et du corps. En foule se dressèrent les curiosités, sarcasmes, causticités et malignités qui lui répondaient fermement que le doute était suprême et omnipotent et que les constructions viables s’établissaient sur des sols blancs immaculés. Quelles forces avaient, au final, emporté la donne, si ce n'est l'éternel acquiescement, cette puissance sans nom l'avait terrassé de sa brise enivrante et l'avait porté là où il fait bon d'être. Les nouvelles valeurs n'étaient pas à mépriser, elles étaient immémoriales et inscrites en lui aux moindres coins et recoins d'un corps qui connaissait son dû mieux qui quiconque.

LE BLOND HIRSUTE
 



La pluie fouette une vitre embuée et sale. Les rayons du soleil percent les nuages, les dissipant en un clin d'œil. À l'intérieur, au cinquième étage, le blond hirsute s'agite sur une toile de dimension moyenne. Les multiples bougies crépitent. Sur fond blanc, deux personnages contorsionnés en arrière s'esquissent, ils ont la carotide tranchée, et le sang jaillit abondamment, en éclats rutilants, seulement deux couteaux volent au-dessus des visages, ils ont accompli ce qui leur était assigné et semblent plutôt heureux ; quelques gouttes de sang lèchent les lames ultra fines. Quel rêve le blond hirsute a-t-il vécu la veille ? Ce double assassinat n'est pas de mauvais augure, les multiples névroses dont il était possédé étaient vides de chair et de sang, ces assassinats venaient achever l'évolution de l'assainissement. 
Il se réveilla dans un nouveau corps, chargé de légèretés, promus à de futures jouissances inconnues. La fissure avait disparu, plus de traces d'agitations internes. Après son repas, son corps évoluait parmi les cohérences et les liaisons internes, les liens étaient nouveaux, les passeurs s'étaient réveillés. Loin de plonger le blond hirsute dans un état d'endormissement, ce nouvel état le propulsa vers de nouvelles zones vitales ; il avait ressenti durant son sommeil d'innombrables veinules bleues explosant dans son cerveau, découvrant de nouveaux carrés de construction, les carcans préexistants implosaient et le bleu des veinules à loisir circulait. 
 
 



Le blond hirsute attrape un gilet noir fourré, le ferme jusqu'au cou et claque la porte de son atelier. Les motifs des arabesques sinueuses de sa cage d'escalier se mettent à se mouvoir et glissent le long des murs, le blond hirsute se frotte les yeux, deux poings fermes. 
 


LA RENCONTRE

 
 


La ville dort le soir, le jour l'a épuisée, elle vibre aux lumières des lampadaires, une lumière jaune diffuse en dégradé sur les pierres des immeubles. Le blond hirsute et le jeune homme sont de récents amis. L'entente est calme, l'intérêt ne prévaut pas, un instinct de considération mutuelle les lie. Au fond du restaurant S, ils mangent de grands bols de pâtes japonaises au bœuf et aux oignons. Ces plats peuvent pour certains être apparentés à de la magie, leurs effets sur le ventre des humains sont puissants, les clients sortent béats et la tête reposée de la fameuse enseigne S. Le jeune homme salue le chef K en quittant les lieux, accord tacite de bonne entente. Le jeune homme et le blond hirsute se disent au revoir, chacun va rejoindre son fil personnel.

Le pas du jeune homme est le seul bruit que la ruelle sombre connaisse, son allure devient volante et le heurt avec Nausicaa est inévitable. Vivre était l'hallucination au présent. Cette rencontre entre Nausicaa et le jeune homme amena des opposés à s'imbriquer. La libre manière qu'il avait, cet air détaché et profond, cette émanation flottante d'assurance mêlée à une pudeur louable venait contraster les peurs infantiles de Nausicaa, ses dérangements internes injustifiés, ses défensives toujours à l'affût. Alors que le jeune homme avait depuis longtemps baissé les armes et laissé le monde et son ombre le pénétrer, alors qu'il s'était allié à une essence en pleine combustion, la jeune femme s'était retranchée en elle, avait fermé de nombreuses voies, c'est la raison pour laquelle on sentait poindre derrière ses paroles, derrière ses gestes, une Nausicaa éthérée, qui ne savait quelle était sa voie propre. 
Le rouge de sa révolte brilla aux côtés d'une gêne difficile à dissimuler, cela la rendait encore plus séduisante, ces instants de mutinerie, ces regards à moitié dévoilés rendaient le jeune homme muet de fascination. L'extrême lucidité de Nausicaa connaissait les affres de ses névroses, mais il n'est pas évident de connaître un chemin et de l'emprunter. Il fallait qu'elle brûlât ses peurs au feu des sacrifices, que la confiance absolue en toutes choses la gagnât, l'emplît et la fît imploser de plaisir. Il fallait qu'elle goutât la coupe de la vie, qu'elle s'y abreuvât jusque l'ivresse dangereuse, qu'elle tranchât son âme et son corps d'une lumière insoutenable. Le regard du jeune homme, plein de compréhension essayait de mener Nausicaa dans ces contrées chaotiques et sublimes, il essaya de donner vie à cet esprit original, il voulait la voir en plein relief, que sa dimension se perdît là où il n'y a plus de limites. 
Cette rencontre éphémère ne dura qu'une poignée de secondes, la crainte inhérente qu'avait Nausicaa de toutes choses la fit s'éloigner du jeune homme, lui se sentait, à présent, garant de cette crainte, comme un nouveau-né, il devait amener cette crainte à maturation, afin qu'elle disparût calcinée par la joie. 
 
 


L'ARRÊT SUR IMAGE
 


 À son retour chez lui, le jeune homme trouve son père absorbé par une lecture ; ce dernier ne prête pas attention à son fils. Plus tard, ils discuteront chaudement autour d'un dîner que le père a préparé l'après-midi durant. Le frère et la sœur aînés du jeune homme sont en voyage en Europe de l'Est ; c'est l'occasion pour le jeune homme de profiter de l'appartement familial dont il a toujours été admiratif. Un vaste salon traversé par des chaleurs fabuleuses, des chambres qui sont de petits univers en elles-mêmes, et un boudoir à la manière orientaliste créé par les mains habiles d'un cousin ébéniste. La tête reposée et les idées au clair, le champ des visions dégagé, le jeune homme accolé contre la fenêtre du boudoir laisse monter en lui les flux et reflux de sa sensualité ; traversé par le fait que toute parole est vaine et que la vérité recèle des masques à la fois succincts et variés, il décide de regarder un film qui cadre des sensations vives aux réflexions larges. L'inertie de sa pensée est stimulée à la suite du film, le fil conducteur de ses envies prend une tournure épanouie malgré les vices qui le traversent, à son insu. L'image de la jeune femme croisée la veille le travaille. Son visage est présent et absent à son esprit, cette jeune femme incarne non pas la perfection mais l'adhésion au monde, les traits sibyllins de ses joues, la peau malicieusement satinée de ses narines et ses hanches hantent les visions du jeune homme. Surtout, ce regard, vif et figé, l'étincelle terne. La dualité de cette jeune femme, dont il ne connaît même pas le nom l'envoûte. Le jeune homme s'allonge sur le canapé et son rêve est le suivant : la nymphe s'écarte, s'habille, se dénude, à dix reprises, jamais similaires aux regards fascinateurs ; la coulée humide de lumière bleue frappant ses seins provient des cavités de la grotte, la nymphe disparaît et seule perdure l'atmosphère d'une grotte aux parois sacrilèges. Le corps de la nymphe bat en retraite et son esprit se perd. Le jeune homme sans pensées sent la rondeur d'un coussin le tirant à l'éveil.
LE DÉNOUEMENT
 
 



Le blond hirsute déambule la journée dans les rues, il porte ses amertumes et ses excès avec une joie non feinte ; le blond hirsute avait connu la folie qui explose le cerveau, anéantit l'envie, et fulmine de rugosités sanglantes. Sa folie l'avait mené aux confins des monts assombris. Le jeune homme frappe énergiquement le blond hirsute sur l'épaule, ils se serrent franchement la main. Le marché est animé et bruyant, coloré et enjoué, les bouchers crient et les marchands s'excitent. Le jeune homme est lyrique et ouvert, le printemps est précoce et ses envies aussi.

- Ce café à l'angle est l'endroit idéal pour obscurcir ton cerveau de liqueurs ! Éclater tes carcans, me semble-t-il, clama le blond hirsute. 

-Allons-y, je me sens d'entrain, répondit le jeune homme. 

En entrant dans le café, les deux jeunes hommes se démarquent aisément du lot commun, aux airs endormis et discrets. Ils se mettent au comptoir et commandent une bouteille de vin. Le jeune homme calme sa montée lyrique et sa joie de vivre se tapisse derrière un masque d'élégance, quoiqu'il sente une anomalie s'aventurer dans l'air. Garde ta haine et tes conflits, chéris-les ! Cette voix est tout simplement en train de craquer dans ses pensées. Il est de retour, pensa le jeune homme. Avale tes noirceurs ! Enferme ton esprit dans un vase clos ! Entoure-toi de citadelles insurmontables… Crois-moi ! Le blond hirsute sent l'agitation voisine et demande de quoi il s'agit. 

-De rien, d'une vieille broutille, des sottises à répétition, des crasses que j'aime, dit-il.

- Dans ce cas, tout est au mieux, trinquons à la crasse ! rétorqua-t-il.


La porte du café en s'ouvrant amène un courant d'air doux. Une jeune femme vient embrasser dans le cou le blond hirsute et lui recouvre les yeux de deux mains fines.

- Devine… dit-elle.

- J'ai déjà deviné, ma Nausicaa, qu'est-ce qui t'amène dans le coin ? 

-Je t'ai vu de loin, j'ai pas pu m'empêcher d'aller saluer un vieux camarade.
Le jeune homme en retrait sent une partie de lui violemment s'arracher et s'écraser sur Nausicaa, il darde sur elle un regard féroce et multiple, son âme est en train de se déchirer et cette jeune femme n'y voit rien, elle caresse ses cheveux et penche le visage laissant à nu une nuque fantasque. Le jeune homme sent qu'une folie rôde en elle, qu'une révolte gagne du terrain.

- Irus, je te présente Nausicaa. Nausicaa, je te présente Irus.

- Enchanté de faire ta connaissance, Nausicaa.

-De même, Irus.

Le sourire malin qui la traverse est un éclair qui élève Irus.


- Suivez-moi, mes amis, Irus, prends la bouteille avec toi, Nausicaa, viens aussi. 
 
 


En courant dans l'escalier, le blond hirsute, Nausicaa et Irus s'épuisent et arrivés au cinquième étage, ils se mettent à danser, en ronde, et à crier, à rire, à frapper lourdement des pieds. Nausicaa arrache la bouteille des mains d'Irus et en avalant au goulot, renverse du vin sur le sol. Elle jubile. Ce soir-là, Irus et Nausicaa sont des faire-valoir, l'un soutient l'autre et rend possible son attitude. Nausicaa explose littéralement, sa folie et sa révolte ne connaissent aucunes restrictions. Irus s'enfonce et sent monter en lui des colères sourdes, des ivresses latentes le possèdent, il va jusqu’à perdre le sens commun, des malices le torturent. 
 
 


Cette nuit, le songe de la personnalité unique travailla Nausicaa, elle voulait n'être qu'une révoltée, l'acquiescement la répugnait et cela ne lui était pas nuisible, elle rêvait à des conflits majeurs qui l'écraseraient, à des excès furieux ainsi qu'à des haines injustifiées. Irus connut cette nuit la vision dorée, à la vue de Nausicaa, il vibra au son de l'ancienne révolte, il frémit aux côtés des combats de la jeune femme, malgré ses nouvelles tendances et son nouvel itinéraire, il sentait la langue sournoise de la révolte lui lécher le cœur. Acceptons le masque, rejoignons les semeurs de vie, déposons notre croix et nous verrons si l'infortune s'aventure ; une nouvelle envie de frontalité audacieuse le parcourut ; une rétribution des efforts passés, de nouvelles innocences et de nouvelles vertus. Revenir au sentier, à la simplicité. Irus était et sera toujours l'être de la duplicité mineure et majeure. En quittant la soirée, le blond hirsute observe Nausicaa et Irus collés l'un contre l'autre, leurs bouches lentement se rapprochent. Irus passe la main sur la cambrure de Nausicaa. 
 
 
 


Paris, février 2014.