Solitude.
Contre la modernité. Quand tout est devenu approbation par le like et que ça gicle au visage, au mien en l’occurence! Que tout ça n’est qu’une mascarade, que tout ça est ce qui s’éloigne le plus possible du réel, de l’authentique, du sentiment vrai, enfin de ce que nous sommes! De ce que nous avons connus. Une sorte de tristesse m’envahit quand je vois la destruction qui s’est opéré avec les réseaux sociaux, le réel émietté et fragmenté alors que je sais, que je pressens que le réel est inviolable et pur comme un diamant. Je ne peux pas accepter ce qui est proposé et non imposé… Comment les plus grands esprits se sont laissés avoir dans cette toile maligne qui perd les amours propres en les élevant à de fausses hauteurs ? Moi je retrouve en moi quelque chose de simple ces temps-ci, et cette simplicité est lointaine des likes, de cet affichage qui hurle aimez-moi! Et je m’y suis habitué aussi, comme une addiction de laquelle je dois me défaire. Avance et recule. Avance surtout, sans cette addiction. Et les stories qui viennent découper le réel en le divisant à l’infini pour pointer du doigt les moments les plus inauthentiques qui soient… Je pense que peu pensent comme moi, quoique. Mais c’est pas grave, j’ai mon ressenti et mon amour pour moi. Mon réel et ma solidité - je l’espère - ! Quand je vois mon frère qui ne participant pas à ce jeu faux et faussé et hypocrite et sale, quand je le vois plein de son bonheur avec sa copine, lui je me dis qu’il a compris quelque chose qui échappe à beaucoup et c’est en quelque sorte un exemple pour moi. Peut-être que si j’avais eu un frère dans les apparences, j’aurais moi aussi succombé à ce charme mais ça n’est pas le cas. Et le problème aussi étant de savoir s’individualiser sans l’avis d’autrui, sans son avis qui est comme une ombre/lumière qui se projette perpétuellement sur ma vie. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Je ne sais pas. En tout cas, peut-être que s’il avait été l’apparent total, j’aurai suivi, en effet, peut-être dois-je me laisser le choix de l’être, cet apparent total. Peut-être pas. Non je n’aime pas ce jeu qui mixe le réel et qui fausse les pistes car je crois les vrais pistes ailleurs, plus que d’y croire, je les ai expérimentés, c’était un rire avec un ami, c’était une sieste avec une fille, un moment où les énergies loin d’être fausses se mélangent, et après quoi au fond tout le monde du cinéma, de la publicité, de la mode, de la poésie et que sais-je encore! De la politique! Après quoi tout ce beau monde court si ce n’est à goûter cette authenticité que je crois avoir parfois perçu et pour cette raison que je pense toujours et toujours et encore accessible car émanant de quelque chose qui nous dépasse complètement et dont nous ignorons l’existence! Mais que nous sentons bien qui existe…

J’essaye finalement de trouver du sens à tout ce grand bordel. À toutes ces fêtes revenues. À tout cet argent auquel on aspire! J’essaye de trouver du sens alors que chaque jour autour de nous des gens meurent, des proches et des moins proches! On est en vie et finalement pourquoi chercher mentalement des remèdes alors que nous sommes en vie ? Alors que je suis en vie. Peut-être une sensibilité exacerbée. Ça m’échappe. Plus de drogues, j’ai l’impression de voir avec les yeux du voyant qui cerne les ténèbres comme des lumières inversées, comme des lumière apparentes. Parfois, je reste chez moi seul le soir et je vois défiler la modernité. Je vois tout le monde dehors, s’assemblant, à deux, trois, quatre, garçon-fille, garçon-garçon-garçon, fille-fille-fille. Des sommes d’énergies en somme, qui s’assemblent, se ressemblent et se combinent. Hier, c’était moi attablé avec 6 potes, 6 mecs, une bande de couilles, comme on dit. Avant un dîner avec un pote, entouré de quatre nanas de part et d’autres, les conversations redondantes, les yeux qui disent beaucoup et les bouches qui se révulsent…! Et moi la dedans, et moi pareil. Et moi après dans ce bar privatisé, je rejoins des amis du lycée, obscur de plus en plus obscur cette soirée. Étrange ce phénomène, on se donne tous rendez-vous dans un bar, le vendredi soir entre minuit et 7 heures du matin, isolés du reste de la société pour taper, boire, taper, boire, être, parler le plus fort, que cette nana montre son cul, pas mal soit dit en passant! Que ce bonhomme soit au centre de l’attention, à celui qui mettra la bonne musique au bon moment. C’était parfois moi, j’ai mis la bonne musique au bon moment! Mes semblables s’amusent, je suis plein de cette joie qui au final ne me contente pas. Donc je les observe, ces gens qui sont mes amis, on se dit tant de choses alors que tant d’autres choses se trament dans le réel des relations. Elle est avec lui et lui ne supportera pas un instant de plus que je lui parle. Quelle est cette liberté dont parlait le drapeau français ? A-t-elle réellement existé ? A-t-elle seulement jamais existé ? Je bois, un peu pas trop, je me suis assez perdu comme ça par le passé. Ce soir, je sors, je reçois d’autres messages, d’autres soirées ont lieus, d’autres réels dans le même moment, putain c’est à y perdre la tête. Comment j’ferai pour me retrouver dans l’unité. Pas très tard, sur les coups de 3-4 heures, je décide de me barrer, donc seul de cette soirée, je savais bien que je repartirai seul ce soir-là comme beaucoup d’autres! Il attend une rencontre, voilà son problème! Pas faux.

Flash-Back, toutes paroles au fond vient d’une blessure. Qui a eu lieu ou qui n’a pas eu lieu. Toutes paroles au fond vient de quelque chose qui s’est passé. D’un manque en apparence, d’un manque réel. De quelque chose de réel. Quand quelqu’un vous dit quelque chose, ça ne veut pas rien dire. Tout a du sens. Tout s’explique. Et les psychés, malgré l’immense complexité dont elles sont faites, ont un fonctionnement que nous pouvons comprendre mais qui nous échappe bien trop souvent. Si je parle comme je le fais, avec une certaine amertume, avec une certaine pureté, avec quelque chose qui dérange, qui me dérange, qui peut-être au final ne dérange personne. C’est parce qu’il m’est arrivé certains événements dont j’essaye de me remettre. Et je sens bien maintenant que tout est entre mes mains, que tout repose dans le métal de ma volonté et que je suis le maître de mon destin. À certaines périodes de la vie, on ne contrôle pas tout, et beaucoup de choses nous échappent. L’enfance, l’adolescence, on choisit pour nous… On choisit contre nous… On choisit à notre place ce qui soit disant est bon pour nous selon des critères fumeux et louches. Cette période, gigantesque dans une vie quand on y réfléchit, si fondatrice de tant de choses. Y’a un truc qui m’a brisé à l’époque. Parfois avec une certaine sensibilité, on vous brise, on pense que c’est rien et pourtant! On vous brise et c’est cool, personne ne s’en rend compte. Il va pas nous faire chier non plus!
Vous êtes là, familialement, dans un tsunami, un truc qui vous renverse, qui vous démonte la gueule et tout va bien. T’inquiètes, tout va bien se passer. T’en fais pas. Et comment on fait pour recoller les morceaux ? Qui est-ce qui vous connaît vraiment au final ? On vous a vus au lycée, en cours, en soirée, au taff, dans la rue, en vacances, on s’est fait une idée de vous, je me suis fais une idée de vous ! Mais qui vous a connus vraiment ? Qui me connaît vraiment ? C’est la question que je me pose, c’est la question qu’on se pose tous. J’étais là tranquille, dans ma vie d’adolescent, comme une odeur de calme, quoique, ça commençait déjà à vriller, comme les prémices d’une crise, d’une crise terrible, d’un truc horrible qui allait arriver, tu sais, avant, le calme avant la tempête, ce truc avant que le cyclone arrive, on se dit merde, y’a un truc qui cloche, tu sais ce truc ou tu sais que ça partir en couille, mais sévère! D’un truc, putain ou tu t’y retrouves plus. Mais tu fais semblant que tout va bien. Ouais, j’encaisse ma gueule. T’inquiètes. T’es là. Ça hurle. Ça frappe. Ça tombe. Ça pleure. Ça crie. Ça se déchire. Mais cool ! T’inquiètes pas je te dis ! Ça va le faire mon bonhomme, t’en fais pas, je te dis… Césure. Cicatrices et ouvertures. Putain, ça saigne et t’es là tu sais pas comment tu vas t’en sortir. Tu te fracasses le crâne un soir. Hôpital. Une autre fois, on te fracasse le crâne. Hopital. Y’a tout qui pète en toi. Tu tombes, tu chutes. Tu tombes. Tu chutes mais tu te relèves. Vaillant mon petit bonhomme. Putain, le morceau. Arraché, coupé en deux. T’es là dans le vide et finalement tu sais plus, t’as tellement été vite quand t’as quitté ce qu’on t’a arraché pour arriver ailleurs ou tu sais même pas ou t’es, que tu sais plus ou t’es. Tu redémarres à zéro d’un point de non conscience. Entre temps, chutes, chutes, chutes. Mal de crâne. Putain, quand est-ce que ça va s’arrêter… C’est des malades… On aurait du être protégés je me dis. Mais par qui ? Tout était vernis mon pote! T’en fais pas je te dis… Ça y est, ça pleure, je pars, je suis ailleurs, dans un autre appartement, encore un autre appartement, encore un autre appartement, retour au même appartement. « Ça va être dur pour toi ! » Tu m’étonnes… Et je suis la propulsé dans des sphères de luxe avec des gens qui se connaissent depuis leur plus tendre enfance, et moi j’arrive détruit, là-dedans. J’arrive détruit la dedans. Je chancelle, rien de stable. Rien de stable. Mais dans cette folie instable, dans ce flou qui m’environne j’arrive à discerner des bonnes âmes, des bonnes personnes quoi! On appelle ça des Sauveurs ou des Sauveuses. Devenons-en des putains de Sauveurs, des putains de Sauveuses! Boom. Je tombe. Le snowboard m’a pas prévenu, je pars à la renverse, mon poignet se fracasse, j’ai la tête dans les étoiles. Civière. Morphine. Repos. Et c’est reparti. Un exta, un soir, c’est l’été et tout va bien. Les angoisses giclent en nous, c’est fort et c’est beau. On emmerde le travail, on emmerde le respect. On emmerde ce qui s’accumule dans la clarté. On devient fou. Et c’est beau et on aime ça. Et si elle voulait me voir, fallait pas me donner rendez-vous dans une fête, les têtes à têtes sont bien plus intéressants, vous trouvez pas ? Qui sont les vrais fous ?

Je ne comprends plus ceux qui se glorifient de s’être couchés à 15 heures… Après une trop longue nuit de débauche. J’ai fais partie de leurs rangs. Y’avait une beauté dans tout ça. Le sentiment va s’exaltant au fur et à mesure. Tout est accepté et on dérive de la norme. Mais putain on s’égare ! Après faut pas trop rester à quai. C’est des matins blancs de noceurs comme décrits par Musset. C’est l’air frais, il est 8 heures du mat, ça vous frappe le visage, vous rentrez bredouille chez vous, boom, ça tombe ! Mieux vaut être accompagné dans ces cas-là. Que de matins j’ai été seul dans mon lit, en descente, l’angoisse dans le ventre à me demander ce que je pouvais bien foutre là. C’est un poison fielleux qu’on se verse dans les veines. Tous les discours sur la beauté de la débauche au fond ne sont que des puis sans fonds d’ignorance… Mesure, équilibre. T’es là, dans ton lit, t’arrives pas à dormir, tu sais même plus où t’en es, tu peux rien prévoir ! T’as tout saccagé ! Faut pas s’étonner de stagner par la suite. Une vie mesurée, équilibrée, calme et puissante, dans la force de l’amour est bien plus sage et intéressante qu’une vie de débauches éparses.

Ça commencera
avec de l’amertume et ça se terminera par une explosion de joie. En attendant, la vie circule, toujours aussi belle, toujours aussi présente, toujours aussi pleine d’espoir. Fanzo, je voulais t’écrire tout ça ce soir pour t’avertir, t’avertir des dangers, des calmes et des précipices. Je te vois là, si belle, si pleine de doutes. Sache que tout sera transmuté mais pour ça, je veux de toi une foi solide! Quelque chose de pérenne. Souviens-toi de ce cierge qu’on avait vus l’été dernier à Cadaquès, nuit et jour il restait allumé, à l’instar de ton coeur, je voudrais que dans la plus grande pénombre, dans l’obscurité la plus totale, ce cierge soit toujours là, comme un garant, comme une assurance que tout ira bien car tout tient dans cette constance magnifique qui dépasse les défaites et qui dépasse les victoires. À l’heure de tes joies éclatantes, je veux que ce cierge soit toujours là, extase sans fins, démarrages en folie!… Souviens-toi que jamais il ne s’était éteint, jamais il n’avait décru et toujours sa flamme était brillante. Que ce soit un jour pluvieux où tes amis ne t’appellent pas, et il y a sûrement une raison à ça Fanzo! Que ce soit un soir où tu es avec le garçon de tes rêves, que ton corps et ton âme soient complètement total, je voudrais que ce cierge fut toujours là pour t’accompagner.

Je suis encore de ce monde. Mais je dois l’être encore plus. Encore plus. Ce vague à l’âme. Quel artiste ne l’a pas ressenti ? Mes semblables forcément, je devrais les comprendre et ils devraient me comprendre! Reste à ta place. Travaille et respecte la hiérarchie. Tu verras un nouvel ordre et une nouvelle vie se lever pour toi. - c’est clivant les réseaux sociaux, c’est astreignant, c’est une forme limitée, un vote public qui met tout le monde non pas sur un pied d’égalité mais sur un pied de compétition ce qui amenuise fortement les chances de rendre les choses intéressantes -

C’est un trop grand chantier. Maintenant, il est ouvert et les travaux peuvent commencer. Chacun son chantier. Chacun sa vie, on s’envoie des flèches d’entraides de temps en temps comme des vitalités obligés. Mais j’accule pour mieux laisser naître. On a fait pareil avec moi la semaine dernière… Le chantier est commencé! Les travaux vont enfin pouvoir avoir lieu. Hier, j’ai vu les ouvriers arriver, en joie, ils avaient l’air heureux! Et le soleil était haut perché. L’édifice à venir sera magnifique…